Le “Gakpo”, une marque en vogue au Togo, liant les épices tropicaux aux dérivés du café. Ce produit est vendu partout au Togo mais aussi dans certains pays voisins. Il ne s’agit pas seulement, comme le clame son producteur, d’un aphrodisiaque mais avant tout d’un produit qui requinque la santé et permet d’associer le plaisir dégustatif au bien-être. Sena Tsifotu, à l’occasion de l’événement “Une journée à la ferme“, à Bolou, 40 Km de Lomé, la capitale togolaise, répond aux questions de www.laprincipautedesbaobabs.com. Bonne lecture.
Vous êtes dans le café et vous faites toutes sortes de dérivés du café. Le Togo n’est pas un grand producteur du café, d’où vous est venu l’idée de vous investir dans une filière qui attire si peu l’attention de l’Etat?
Il faut dire que j’ai été accompagné dès le début par la Coordination Café-Cacao, ce qui veut dire que l’état n’a pas, pour autant, abandonné la filière comme vous semblez le croire. J’ai longtemps été dans la formation des acteurs de la filière au Sénégal, au Burkina Faso, au Bénin et ailleurs sur le continent avant de me lancer, ce qui veut dire que ce que je fais aujourd’hui est la résultante d’une longue expérience personnelle dans le domaine.
Et quel est exactement votre concept?
On se dit, quand on n’est pas du domaine, que le Togo ne consomme pas du café, ce n’est pas totalement vrai. Les togolais ne sont pas de grands consommateurs du café certes, mais ceux qui en boivent sont exigeants. Nous avons estimé qu’au-lieu d’attendre que les consommateurs ne viennent vers nous, il faut plutôt aller vers eux, d’où l’idée d’un sac au dos contenant du café pour faciliter la distribution. Tout notre plan consiste donc à amener le café vers les consommateurs et surtout, à rester attentif, pour nous adapter à leurs goûts et exigences.
Il y a beaucoup de grands pays comme le Brésil, la Suisse, etc… qui sont très en avant dans le domaine du café. Qu’est-ce que vous entendez faire de différent pour vanter le café togolais avec une valeur ajoutée ?
Je pense que le concept le plus développé est d’intégrer les enjeux écologiques dans le processus de production pour que le café soit sain et que sa consommation n’impacte pas négativement, ni sur la santé, ni sur l’environnement. Tout en encourageant la consommation locale, nous voulons que l’aspect bio soit mis en avant. D’ailleurs, nos accessoires comme les gobelets et tous les emballages que nous utilisons sont biodégradables.
Pourquoi cet attachement pour le bio dans une Afrique si peu écologique… ?
J’ai la chance d’être né dans un village où bien qu’âgés, mes grands-parents vivaient normalement et longtemps en forme. Aujourd’hui, même des jeunes souffrent de maladies compliquées et inconnues. Pour nous, le retour à une santé naturelle et stable passe par le contrôle des produits qui entrent dans notre agriculture. Le retour au bio garantira cette santé et surtout, rassure les consommateurs. Les produits bios ont aussi la côte dans le monde, il faut intégrer ce facteur dans notre chaine de production en Afrique. Il y a une corrélation entre écologie et bonne santé, aucun doute aujourd’hui.
Face aux coûts prohibitifs du bio, comment vous arrangez-vous pour réussir entre le défi d’une cible modeste et l’enjeu du bio ?
Contrairement à ce qu’on peut penser, les populations comprennent bien la situation. C’est vrai que nous investissons actuellement à perte, mais nous allons finir par rentabiliser quand nous allons nous faire connaître, surtout si nous convainquons les togolais de ce que l’enjeu écologique de l’agriculture est inévitable.
Quel est votre prochain défi ?
Inventer de plus en plus de produits sans alcool pour le bien être des consommateurs mais surtout pour intégrer de potentiels clients musulmans. Ou des clients allergiques à l’alcool. Et surtout, créer d’ici quelques années 250 emplois stables, confortables, durables et écologiques.
Propos recueillis par www.laprincipautédesbaobabs.com
Une réponse
Très bon article!
Très bonne analyse de la consommation du café au Togo.
Merci beaucoup.