Chaque année et comme le veut la tradition, La Principauté des Baobabs vote son budget annuel en décembre. Chose faite depuis le 29 décembre 2024. Pour un total de 57.310.800 digitatas, équivalent au Francs CFA, monnaie en vigueur au Togo, soit 81.400€. Comment est réparti ce budget et quelles sont les priorités ?
Fondée en juillet 2023 par quelques jeunes africains majoritairement togolais, La Principauté des Baobabs est une micronation, une organisation associative fonctionnant comme un Etat mais qui n’a aucune prétention d’être reconnue par aucun autre pays réel. Néanmoins, étant environ 400 dans le monde, les micronations se reconnaissent mutuellement entre elles. L’Afrique en compte une dizaine dont notamment les royaumes de Koro et Guemon ainsi que la République de Toubak en Côte d’Ivoire mais aussi Nova Troie qui est présente sur plusieurs continents. C’est aussi le cas du royaume de Zili au Cameroun, l’état de Nun au Nigeria, ou encore de l’Empire de Guanduania au Mozambique. Au Togo, La principauté des Baobabs, bien que récente, est l’une des plus actives avec son Prince régnant, son gouvernement, ses diverses organisations, son territoire, son drapeau, ses armoiries ou encore, sa monnaie, jusque-là virtuelle mais qui sera en circulation d’ici 2027. Comme tout Etat, La Principauté a voté son budget 2025 en décembre dernier. Nous vous en présentons ici les grandes lignes.
Grandes réalisations
Trois grandes réalisations sont prévues pour 2025, notamment la construction d’une école primaire qui ne devrait compter que 3 classes pour commencer, à 1.900.000 F CFA soit un peu moins de 3000€. Ce projet devrait permettre de faciliter l’accès à l’école pour les enfants de la localité. Prévue pour débuter avec une école primaire, l’Institut Andansonia devrait progressivement avoir un collège, un lycée et surtout, une faculté agricole d’ici 5 ans. En plus de cela, La principauté entend construire un Hall RRB, entendez “Rencontres Réseautages en Baobabie”, un espace naturel de rencontres et d’échanges sur des thèmes de l’écologie et de l’agriculture bio notamment. Prévu pour coûter 1.100.000 F CFA soit 1650€ à peu près, il devrait être fini d’ici fin mai pour accueillir le 1er juin, la journée mondiale de l’arbre. Et enfin, un château d’eau dont la construction a débuté et qui, d’ici fin mars, devrait fournir de l’eau potable aux résidants de La Principauté et les populations environnantes. Il faut rappeler la construction d’une rhumerie traditionnelle pour la préparation du Sodabi (koutoukou en Côte d’Ivoire), une liqueur subsaharienne fabriquée à base de vin de palme. Devant les grandes réalisations, ce sont les projets qui concentrent la plus grande partie du budget, plus de la moitié.

Projets sociaux
En 2024, sous le patronage de la Ministre Secrétaire générale de la Présidence togolaise, La Principauté des Baobabs avait réalisé des séances de sensibilisations et de diagnostics du glaucome notamment à Aného. Elle avait aussi, avec la commune de Golfe 5, à Lomé, procéder à la sensibilisation autour du cancer de seins en octobre 2024. En 2025, elle entend aller beaucoup plus loin. Plus de 25 millions Francs CFA soit un peu plus de 38.000€ iront aux divers projets, notamment dans l’écologie, la sensibilisation, la santé et les conférences sur des thèmes sociaux. La journée internationale de la femme, la journée mondiale de la vue, ainsi que celle de l’arbre sont des moments forts de cette année. La Principauté des Baobabs entend mettre en terre, à diverses occasions, 4000 arbres en 2025 et vise à “dépasser les 10.000 arbres d’ici à deux ans” selon David Cudjoe Amekudzi, chef du Conseil de Gouvernorat de la micronation. La Principauté des Baobabs étant aussi une organisation de fêtes, les réjouissances et autres occasions de festivités occupent une grande place dans son agenda. Mais l’autre troisième pan de dépenses est le fonctionnement.
Fonctionnement, indemnités et salaires
Symboliquement, afin de couvrir leurs frais de fonction, notamment pour les déplacements aux réunions, la communication et autres dépenses personnelles liées aux fonctions, une indemnité de 51€ est versée chaque mois aux membres du Conseil, l’équivalent du gouvernement. Ils sont actuellement cinq et devraient être en tout sept, deux postes étant vacants. La fonction de Prince est néanmoins bénévole. A ces indemnités s’ajoutent les salaires. Actuellement, elle dispose de trois salariés qui coûtent un peu plus de 3 millions Francs CFA par an, soit un peu plus de 5000€. Les frais de bureautique, l’organisation des événements, l’édition d’actes officiels comme les Certificats de citoyenneté baobabienne, la carte d’identité ou encore le passeport (en projet) ainsi que les médailles de décorations ont une part importante dans le budget.
Pour faire face à toutes ses dépenses, La Principauté Des Baobabs peut compter sur une société d’exploitation qu’elle a mise en place avec des actionnaires, des mécènes, des soutiens de sociétés publiques et privées, des bénéfices de sa maison d’édition ou encore la vente de drapeaux et autres insignes. Alors que son budget 2025 annonce un déficit de 10 millions soit 15.000€, elle n’écarte pas de l’ajuster, à défaut de sources nouvelles de revenus.
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