La Principauté des Baobabs

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INTERVIEW de Josepha Agbéssi : « La littérature peut porter des revendications écologiques»

Ecrivaine et slameuse, Josepha Agbéssi insiste aussi sur sa posture d’artiste, non pas pour qu’elle prenne le dessus de l’écrivaine, mais pour qu’elle la porte vers plus d’ambitions. Et pourquoi pas, de légitimité dans cette Afrique où les femmes doivent se battre deux fois plus que les hommes pour un même résultat. Mais Josepha, c’est avant tout une togolaise qui porte les stigmates de sa société et entend en révéler, et la nature et les dérives par le roman. Elle a choisi un genre inhabituel, celui policier dans cette Afrique où les enquêtes de police, faute de moyens, prennent les raccourcis d’une hâtive conclusion. L’ADN, les empreintes digitales, les marques papillaires, les caméras de surveillance n’existent que si peu. Et comme pour défier l’hostilité, c’est dans ce contexte qu’elle opte pour des romans de crimes. “Aimer, c’est mourir” en est l’incommode illustration. Crime, amitié, vérité, le tout autour d’un anniversaire qui a mal tourné. Ce roman est un premier pas, mais surtout un défi à alimenter un rayon resté longtemps vide dans la littérature africaine, car Josepha Agbessi a déjà prévenu, son prochain roman sera policier. En marge de la rentrée à La Principauté des Baobabs, organisation agricole et écologique, à une quarantaine de kilomètres de Lomé, elle se livre, laconique mais fluide et éloquente.

Vous venez de publier “Aimer, c’est mourir”, votre dernier roman. D’où vous vient cette passion pour la littérature ?

Autant que je me souvienne, ma passion pour la littérature, je l’ai découverte assez petite. L’environnement dans lequel j’ai grandi, entourée des livres de ma mère -lectrice acharnée- y a grandement contribué.

Dans un monde dominé par les réseaux sociaux, quelle place pensez-vous que la littérature peut occuper ?

Le constat est amer. La digitalisation du monde a porté un grand coup de massue à la littérature. Même les férus de la chose littéraire risquent -si ce n’est pas déjà le cas- d’être piqués par le virus. Les centres d’intérêt sont multipliés et la littérature suppliciée. Mais la bonne nouvelle est que la littérature n’est pas pour autant délaissée. Il existe aujourd’hui des plateformes numériques où le livre est exposé, promu, vendu et la lecture via les réseaux sociaux est tout à fait possible et facile d’accès. Quoique personnellement, j’ai un petit pincement au cœur à l’idée qu’il advienne que le livre physique disparaisse.

Dans l’actualité et le quotidien de l’Afrique, quels sont les termes qui vous inspirent le plus ?

L’Afrique dans sa globalité, ses richesses et ses lacunes, ses coutumes, ses traditions, son mode de vie et les valeurs inculquées sont matière à réflexion. La femme et tout le mystère qui l’entoure, la jeunesse, ses atouts, ses défis et les vices auxquels elle s’adonne aujourd’hui, le crime aussi sont des sujets qui m’interpellent particulièrement

Vous avez une sensibilité écologique, quelle place pensez-vous que l’écologie doit-elle occupée dans les préoccupations en Afrique ?

Une place de choix, une place primordiale, si ce ne peut être la première. Le bien-être, la santé, l’avenir de nos personnes, de notre Afrique et des générations futures en dépendent grandement.

Avez-vous, en tant qu’écrivaine, des combats à mener dans le domaine de l’écologie ?

Des combats à caractère écologique j’en mène déjà, en tant qu’écrivaine et en tant qu’artiste, sous toutes les casquettes que je porte, puisque je suis slameuse aussi. J’ai à mon actif plusieurs textes à thématiques écologiques pour sensibiliser et éduquer sur la question. J’aimerais en faire davantage. Je pense sincèrement que la question de l’écologie doit nous interpeler tous.

Comment pensez-vous que la littérature peut-elle contribuer au développement de l’Afrique ?

La littérature d’une société est le reflet de celle-ci. La nôtre nous permet donc de nous voir tels que nous sommes, de mettre à nu notre propre vulnérabilité, de jouer cartes sur table avec nous-même et ce n’est qu’ainsi qu’on peut travailler sur nous pour atteindre des sphères plus élevées.

En quelques mots, comment résumez-vous votre roman ?

Aimer, c’est mourir, mon premier roman s’inscrit dans le genre policier et nous relate le dramatique décès d’Aimée survenue à la fête d’anniversaire de son amie Emilie et dont les contours paraissent obscurs pour tout le monde. Emilie tentera de percer le mystère et de découvrir ce qui s’est réellement passé. Elle fera sortir les vérités du placard, se prendra des découvertes inimaginables pour elle en pleine figure et pour couronner le tout, son enquête se verra rivaliser par une autre occulte pour parvenir à élucider le mystère.

Quel sera votre prochain thème de roman ?

Mon prochain roman sera aussi un roman policier puisque ce genre non seulement me sied le mieux mais contribuera aussi au rayonnement de la littérature togolaise où il est peu abordé. Pour ce qui est de la thématique, vous le découvrirez incessamment.

www.laprincipautedesbaobabs.com

*Photo: Josepha Agbéssi, à La Principauté des Baobabs, le 21 septembre 2024. Crédits: Service photos, PDB

14 réponses

  1. Je rends grâce à Dieu pour votre vie. Qu’Il te comble de ses grâces sanctifiantes.
    Vous êtes supere. Allez de Gloire en Gloire.

  2. On retient pour l’essentiel que les ambitions de Josepha agbessi sont énormes. Je la sais capable de tes poursuivre sereinement. L’étoile montante de la littérature togolaise, avance au large et fais nous découvrir davantage tes incroyables talents.

  3. C’est mon amie et cela ne me surprendrait pas pas d’elle.son livre represente une infine partie de sa personnalité ☺️

    1. Écrire un roman policier n’est pas une mince affaire, mais tu l’as fait avec brio Josepha! Félicitations pour cette grande réalisation, ton travail mérite d’être reconnu à sa juste valeur.

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