Côte d’Ivoire de 1945 à 2025. La démocratie à l’épreuve des urnes
Auteur : Régis Marzin
De la série de Régis Marzin ‘Histoire des élections en Afrique’ – 1er livre
Sortie : Décembre 2025
Prix France et Europe : 19 € (12 500 CFA)
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ISBN : 979-10-978197-0-5
Taille : 15×21,7 cm
Pages : 312
Résumé : En Afrique de l’Ouest francophone, la Côte d’Ivoire est un cas d’école dans l’histoire des élections. Pendant trois décennies, adulée et même exaltée par la communauté internationale, elle fut portée par une solide prospérité économique et une forte influence géopolitique qui lui ont garanti une stabilité de façade. Mais depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993, chaque rendez-vous électoral est source d’angoisses et de chaos mais aussi de doutes et de suspicions. Systèmes complexes et alambiqués, actions de contrôle du processus électoral en amont, mainmise sur la Commission électorale indépendante, éliminations de candidats par le biais de règles exclusives, contestations des résultats, le pays a été, à chaque élection, à la croisée des chemins. Et 2025 n’a pas fait exception à la règle. Ce livre qui se veut profondément historique est avant tout l’aboutissement d’une longue recherche depuis la période coloniale jusqu’à nos jours. Au fil des pages, Régis Marzin passe en revue chaque scrutin, met en exergue ses particularités, détaille ses subtilités, indexe ses énigmes, interroge ses insuffisances, en livre quelques secrets et pose, avec la prudence et le souci d’impartialité qui le caractérisent, son diagnostic. La présidentielle de 2010 occupe ici une place déterminante à causes de ses conséquences aux bouleversements inattendus dans la vie et l’histoire de la Côte d’Ivoire. Dans la foulée de la présidentielle de 2025, ce livre se lit à la fois comme un rappel de faits historiques et une interpellation des consciences dans un contexte global plus fragilisé que jamais. L’auteur l’inscrit d’ailleurs dans une série dédiée à l’histoire des élections en Afrique, une histoire dans laquelle le drame et la tragédie semblent irréversiblement inscrits en lettre d’or.
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Auteur : Régis Marzin est journaliste et chercheur indépendant spécialisé en politique africaine, à Paris. Ancien ingénieur en système d’information et militant associatif, il se consacre depuis 2009 à l’étude des élections en Afrique. A partir de 2009, un travail régulier avec des acteurs africains engagés pour la démocratie dans leur pays lui permet de mieux comprendre les subtilités électorales et un point de vue africain sur les processus électoraux. Il est auteur de rapports annuels sur l’état de la démocratie en Afrique depuis 2016, qui associent le classement des régimes politiques et l’analyse des processus électoraux. Il réalise également des études spécifiques synthétiques sur des points transversaux, par exemple sur la biométrie, la limitation du nombre de mandats, les commissions électorales ou les élections locales. Après une première phase de préparation de plusieurs années, il commence en 2018 à écrire une histoire des élections en Afrique, dans 55 pays d’Afrique, de 1792 à nos jours.
Sommaire
- Avant 1945, priorité française au Sénégal, l’Algérie et la Tunisie 15
Le Conseil supérieur des colonies entre 1891 et 1939, en Côte d’Ivoire au moins à partir de 1897 (en addendum)
- Première phase de multipartisme après la Seconde Guerre mondiale 17
Des ouvertures politiques déclenchées par la guerre mondiale en vue d’une décolonisation 17
1945-1950 : l’ascension de Félix Houphouët-Boigny au moment de la diffusion du droit de vote 18
1945-1960 : diffusion du suffrage féminin et du suffrage universel 23
Les années 50 entre fraudes électorales et avancées vers les indépendances 31
1948 à 1956, arrangement politique plutôt que fraudes : le désapparentement du RDA du PCF 32
17 colonies françaises sur 18: 1956-1958 : élections d’Assemblées pour mettre en place des exécutifs 38
16 colonies françaises sur 18 : 1958 : référendum constitutionnel de la Communauté française 41
17 colonies françaises : 1959 : assemblées constituantes et création des Etats 44
Vague de premiers ‘partis uniques de fait’ dans les colonies françaises en 1959 45
Une dispersion sous contrainte des élections en Afrique dans les années 50 48
Les années 60 et les élections de la période des indépendances 49
1956-1968 : quand 39 pays deviennent indépendants, des élections pour de nouvelles ‘nations’ 49
Ex-colonies françaises en 1960 : la seule ‘présidentielle’ en Côte d’Ivoire 51
Conclusion : un processus de démocratisation continental lié à la décolonisation 51
- De la période de la décolonisation à 1990 : l’Afrique des partis uniques 53
Elections après indépendances et fin des phases de multipartisme 53
Ex-colonies françaises : l’ancienne métropole influe sur le choix des dirigeants 54
Montée des partis uniques dans les années 60 et leur domination jusqu’en 1990 60
L’Afrique politique figée par ou pendant la guerre froide et la Côte d’Ivoire à l’Ouest 64
Luttes contre les partis uniques et crise de la dette 64
Conclusion 66
- 1990 : bouleversement continental au retour du multipartisme 67
Mobilisation pour la fin des partis uniques : le cas de la Côte d’Ivoire 67
Début de retour au multipartisme au premier semestre 1990 puis fin 1990 et en 1991 69
Avant la Baule, pour Jacques Pelletier, la Côte d’Ivoire prioritaire 70
20 juin 1990, le discours de la Baule 71
FMI et Banque mondiale impliqués dans le passage au multipartisme en raison de la crise de la dette 72
Le quasi-revirement de François Mitterrand de fin 1991 appliqué en Côte d’Ivoire 73
Modèle et contre-modèles : Bénin et Gabon et Côte d’Ivoire dès le premier semestre 1990 74
En 1990, le multipartisme redémarre en pratique dans les ex-colonies françaises 75
Automne 1990 et 1991 : face au modèle béninois, les (contre) modèles gabonais et ivoirien 76
Bilan du changement de politique française en 1990 autour du retour au multipartisme 78
Conclusion sur la migration du monopartisme au multipartisme en 1990 et 1991 79
- 1990-1994 : phase de démocratisation rapide au retour du multipartisme ? 81
Retour au multipartisme : mobilisations, négociations et élections dans 36 pays 81
Côte d’Ivoire : 1990, un multipartisme rapidement imposé par et pour Félix Houphouët-Boigny 82
Actions d’origine extérieure en Côte d’Ivoire, aides et sanctions 88
Bilan des mobilisations populaires 89
Modification des constitutions : aucune limitation du nombre de mandats en Côte d’Ivoire 91
Vu de France et d’Europe : multipartisme ou démocratie ? 91
Le ‘projet de la Baule’ trébuche à Abidjan en 1990 quand survient la présidentielle 91
Une politique française construite sur des actions contradictoires 94
Conclusion 95
- 1994 – 1995 : coup d’arrêt antidémocratique après le génocide des Tutsi du Rwanda 97
L’année 1994 entre génocide des Tutsi au Rwanda et fin de l’apartheid en Afrique du Sud 97
La Côte d’Ivoire tarde à créer une commission électorale dans les années 90 98
Conclusion 99
- 1996 – 2007 : l’Afrique anglophone avance plus vite vers la démocratie 100
- 1995 – 2007 : la Côte d’Ivoire instable de la période Chirac 101
22 octobre 1995 : la présidentielle boycottée dans l’engrenage de l’ivoirité 101
Législatives du 26 novembre 1995 sous les yeux d’observateurs instrumentalisés 101
La question de l’« ivoirité » sous la présidence d’Henri Konan Bédié de 1995 à 1999 104
22 octobre et 10 décembre 2000 : présidentielle et législatives sous le sceau de l’’ivoirité’ 107
Conclusion 120
- 2010-2011 : le conflit électoral en Côte d’Ivoire, un paroxysme africain 121
31 octobre et 28 novembre 2010 : présidentielle dans l’impasse et certification de l’ONU 121
La guerre civile et les négociations de paix 121
En amont, la lente constitution du fichier électoral biométrique avec la Sagem entre 2006 et 2008 126
De fin 2008 à fin 2010, mises au point en amont approximatives 138
Campagne électorale et jours de vote 144
Compilation nationale des résultats et entrée en crise électorale 150
La guerre civile de mi-décembre 2010 et avril 2011 172
Règlement de compte final 181
Conclusion, analyse générale du processus électoral et des actions françaises 183
11 décembre 2011 : législatives boycottées en suite de guerre civile ou retour à la « normalité » ? 191
La biométrie électorale au cœur d’un plan de maintien de la paix ? 199
Printemps arabe concomitant et adaptation rapide de la politique française en 2011 201
- Les années 2010 : guerres, coups d’Etat, focalisation sécuritaire, droit international et UE 206
Le droit international et les processus électoraux en Afrique 206
Elections et ONU : l’ONUCI dans l’histoire des interventions de maintien de la paix 207
Construire l’Etat de droit pour faire avancer des processus de démocratisation ? 210
En 2011, la crise électorale devient un dossier majeur puis une épine dans le pied de la CPI 215
Alassane Ouattara et la tentative de coup d’Etat du 16 septembre 2015 au Burkina Faso 221
Présidentielle du 25 octobre 2015 : un climat « apaisé » sans Laurent Gbagbo ? 222
Conclusion 238
- 2018-2025 : la limitation du nombre de mandats est-elle possible en Côte d’Ivoire ? 240
En 2020, après le décès d’un dauphin, la limite de deux mandats oubliée 240
Crise des limitations du nombre de mandats en Afrique de l’Ouest : la CEDEAO neutralisée 255
Présidentielle du 31 octobre 2020 : la constitution oubliée pour un « cas de force majeure » 259
Législatives du 6 mars 2021 : baisse de tension miraculeuse 284
Locales et sénatoriales des 2 et 16 septembre 2023 289
Présidentielle du 25 octobre 2025 : continuité sans perspectives de solution 294
Conclusion 311