Phénomène récent, remontant tout au plus au début du XXe siècle, les micronations ont connu une remarquable prolifération ces dernières années. Si la planète en compte aujourd’hui 400, elles n’ont rien à voir avec les micro-états qui eux, sont des pays de toute petite taille, mais bien réels, reconnus par la communauté internationale et membres de l’Organisation des Nations Unies (Onu). Contrairement aux micronations qui n’ont aucune reconnaissance officielle et le plus souvent, n’en veulent guère.
Les deux principaux critères pour identifier les micro-états sont la superficie (moins de 1000 km2 généralement) et la population (moins de 500.000 habitants). Le monde en compte une trentaine dont les plus connus sont d’ailleurs les plus minuscules. Comme Andore, Monaco, les Maldives, Barbade ou encore, le plus célèbre, le Vatican qui se trouve être le plus petit. En Afrique, les Seychelles en font partie et accessoirement, Sao Tomé-et-Principe qui, avec 964Km2 en remplit les critères de justesse. Contrairement à tous ces états cités plus haut, la République de Minerve (au sud du Fiji et Tonga), le Sealand (Angleterre) ou encore le Liberland (entre la Croatie et la Serbie) ou La Principauté des Baobabs (Togo) ont une existence bien réelle sans être reconnus par aucun autre pays. Ils sont des micronations. Si les deux catégories disposent de caractéristiques d’états réels, les micro-états ont le bénéfice de la reconnaissance internationale qui les distingue.
Les micronations prennent de l’ampleur
Entité territoriale ou extraterritoriale créée par un petit groupe de personnes et qui prétend au statut de nation ou qui en présente des caractéristiques, mais n’est en aucune façon reconnue comme telle par les nations existantes ou par les organismes transnationaux, les micronations sont devenues incontournables. Environ 400 dans le monde, elles s’articulent autour de causes nobles (libertés fondamentales, antiviolence, écologie, solidarité…) et sont, pour la plupart, de véritables sources de rentes touristiques. Certaines d’entre elles vendent des passeports jusqu’à plusieurs millions de dollars chaque année. Elles multiplient des organisations notamment l’Organisation mondiale des micronations ou encore la microfrancophonie qui regroupe les micronations qui partagent la langue française. L’Organisation de la microfrancophonie (abrégée en OMF), est une organisation inter-micronationale fondée le 27 mai 2016 dans le but de favoriser l’harmonie entre les alter-États et autres entités francophones. Initiée dès 2015 par la République de Saint-Castin et la Principauté d’Aigues-Mortes, elle se veut être un outil promotionnel pour la francophonie, et de cohésion entre ses membres. Geoffrey Mathes en ‘est l’actuel Secrétaire général alors que l’organisation a déjà connu plusieurs sommets notamment en 2016, 2017, 2018 et 2022.
Caractéristiques d’une micronation
Elles disposent toutes ou presque, d’un territoire, aussi petit soit-il. C’est presqu’incontournable pour le mental même si certaines micronations ont voulu être virtuelles et donc sans entité territoriale. Elles ont tous les signes d’un état (armoiries, drapeaux, citoyennetés, slogans ou devises) mais surtout un peuple et une organisation politique (gouvernement). Certaines d’entre elles, comme La Principauté des Baobabs a sa propre monnaie, le Digitata. Elles sont motivées par l’idée de s’organiser entre elles, et très peu d’alter états (un autre terme pour désigner les micronations) ont des revendications territoriales ou identitaires. Il s’agit avant tout de folklores même si certains leaders prennent très au sérieux leur fonction. Pour l’adhésion aux organisations internationales des micronations, disposer d’un site internet ou d’un média web est devenu obligatoire ou presque. L’une des plus récentes est d’ailleurs La Principauté des Baobabs qui est aussi l’unique micronation active en Afrique.
La Principauté des Baobabs en question

Elle est très récente, fondée en 2023 par une Déclaration Officielle de Fondation (DOF). Elle se trouve au sud du Togo, à 40 Km de la capitale, Lomé. Elle compte une petite centaine de citoyens de diverses catégories et suscite beaucoup d’intérêt dans le monde des micrations. La Principauté des Baobabs est avant tout un géant projet agricole, plutôt écologique à vocations agro-touristique. Elle se considère comme une nation catholique, est dirigée par un Prince, Max Carmel 1er porté par un gouvernement ainsi qu’un Premier ministre. Si sa citoyenneté n’est reconnue “pour l’instant“, insiste David Cudjoe Amekudzi qui en est le chef de gouvernement, par aucun pays, elle délivre tout de même, à but symbolique, comme plusieurs dizaines de micronations, des cartes d’identité et passeports. La Principauté des Baobabs émet des timbres vendus sur internet et brandit une monnaie tout aussi virtuelle, le digitata qui ne peut être dépensé que sur l’un de ses trois morceaux de terres qui se concentrent dans la même localité. La plus récente des micronations (créée en 2023) et la seule active en Afrique, aux côtés du Soudan du Nord, se veut avant tout “un creuset de lutte contre la pauvreté, de promotion d’autosuffisance alimentaire et de défense de l’environnement” à travers l’agriculture bio. Elle entend tirer son modique budget annuel, 31.000.000 de digitata soit environ 50.000€ de ses activités agricoles et de sa production animale et halieutique.
Quoiqu’on dise, les micronations sont en plein essor, alors que les micro-état passionnent de moins en moins. Certains sont littéralement en faillite et en voie de disparition, comme Nauru.
Laprincipautedesbaobabs.com