La Principauté des Baobabs

La Principauté des Baobabs

INTERVIEW: « La Principauté des Baobabs est une œuvre de charité humaine », David Cudjoe Amekudzi, Chef du Conseil de La Principauté

David Cudjoe Amekudzi

La Principauté des Baobabs, un géant projet agricole installé au Togo avec à sa tête un Prince, est l’une 450 micronations dans le monde, l’une des rares en Afrique. Au Togo, elle est une organisation associative, liée à un territoire, avec tous les symboles d’un état sans rien en revendiquer. La Principauté des Baobabs s’investit dans l’agriculture, son domaine de prédilection mais aussi dans le tourisme, l’écologie, la solidarité, la lutte contre la pauvreté, etc. Elle accompagne l’état togolais dans le défi agricole tout en menant des actions caritatives avec en priorité la lutte contre le glaucome, une pathologie inconnue au Togo et qui frappe 12% de la population. Sensibilisations, dépistages, colloques, conférences, traitements…, La Principauté des Baobabs veut travailler à éradiquer ce mal silencieux et pernicieux. Le journaliste d’origine togolaise, David Cudjoe Amekudzi en est le chef du Conseil, une sorte de Premier ministre. En marge d’une séance de sensibilisation sur le glaucome à Aného, sud-est du Togo, il s’est confié à nous. Belle interview !

Vous êtes le chef du Conseil de Gouvernorat de La Principauté des Baobabs, comment présentez-vous votre micronation ?

La Principauté des Baobabs, notre micronation comme vous le dites, se veut un ambitieux projet agricole et touristique d’obédience catholique. Il est niché sur les terres du village de Bolou, en République togolaise. Tout est dans le folklore, car en réalité, notre cryptarchie ne s’inscrit pas dans la logique de l’indépendance et de revendication territoriale. Quand bien même nous aspirons à une reconnaissance éventuelle, quelle qu’en soit la forme, par les organisations internationales, nous n’en faisons pas un motif de révolte vis-à-vis du pays d’accueil qu’est le Togo. Certes, nous disposons de tous les attributs d’Etat, en l’occurrence un territoire, un hymne national, un drapeau, des armoiries, un certificat de citoyenneté, etc. Mais nous ne sommes animés d’aucune velléité sécessionniste ou révolutionnaire vis-à-vis de l’Etat du Togo.  Au contraire nous comptons bien vivre en parfaite intelligence  et en harmonie avec notre pays matrice dont les réalisations et projets dans le secteur agricole nous inspirent énormément. Au-delà de l’agriculture bio et de l’élevage, la Principauté des Baobabs est investie dans la défense de l’environnement, de l’écologie et des œuvres sociales. C’est en cela que notre projet est une œuvre de charité humaine. En réalité, nous sommes une organisation togolaise, une sorte d’ONG qui se rattache symboliquement et folkloriquement à un territoire.

Pensez-vous que les micronations ont de l’avenir en Afrique, dans un contexte cristallisé par une forte culture du pouvoir ?

Celles qui voudront s’affranchir de l’autorité des pays qui les abritent, ne connaîtront jamais la paix et donc n’auront aucune chance de prospérer en Afrique. Elles risquent d’être rayer comme ce fut le cas en 1978 pour le royaume de Kalakuta de l’emblématique artiste nigérian de l’afrobeat Fela Kuti et pour bien d’autres micronations en Afrique. A l’instar de la nôtre qui a adopté une approche stratégique pour continuer à être tolérer par les autorités togolaises et qui investit des champs non régaliens comme le tourisme, la culture, l’environnement ou encore l’écologie, toute micronation qui veut exister en Afrique ne devrait pas s’engager dans un bras de fer avec l’Etat établi dans lequel elle est implantée. Après, il y a d’autres défis qui rendent incertain l’avenir des micronations en Afrique, les ressources limitées et le manque de reconnaissance internationale notamment. Le Togo est notre matrice et se montre tolérant à notre égard car il comprend que nous sommes dans une démarche purement touristique, essentiellement pédagogique et folklorique. C’est pour cela que nous sommes heureux quand parfois les gens se moquent de nous. Mais au-delà de l’idée de “principauté”, nous avons de nombreuses initiatives sociales, humaines, viables et indispensables aux populaitons.

Comment devient-on le chef du Conseil de La Principauté des baobabs, une sorte de Premier ministre ?

En effet ! Une sorte de premier ministre à la tête d’un gouvernement qui dirige les affaires de la cité. Comme vous devez le savoir, sous tous les cieux, personne ne naît premier ministre, on le devient par nomination ; et dans notre cas, nous le sommes devenu par la seule volonté du Prince, Son Altesse Max Carmel 1er qui a eu la lumineuse inspiration de concevoir ce projet, et qui ne nous connaît que trop bien à travers le long parcours que nous avons fait ensemble. Mais nous croyons  fondamentalement qu’avant tout, ce sont nos qualités humaines qui ont milité en faveur de notre désignation. Et au rang de ces soft-skills qui  doivent caractériser le chef du conseil de gouvernorat de la Principauté des Baobab, il y a  surtout la solennité et l’hilarité, car chez nous, on s’amuse beaucoup, on plaisante abondamment pendant qu’on travaille sérieusement pour l’atteinte de nos objectifs et la défense de nos causes.

Quels sont les principaux objectifs de La Principauté des Baobabs ?

Ambitieuse, la Principauté des Baobabs se fixe pour objectif de nourrir l’Afrique tout en préservant ses ressources naturelles. En développant une agriculture biologique à petite échelle, nous démontrons qu’il est possible de concilier production alimentaire, protection de l’environnement et justice sociale. Notre projet doit devenir une source d’inspiration pour toutes les communautés qui aspirent à un avenir plus durable. Bien sûr que cette grande ambition ne peut être réalisée du jour au lendemain ; elle commence donc petit-à-petit dans les périmètres de notre principauté, va s’étendre au Togo avant de s’élancer sur les chemins de la conquête du continent.

En tant que chef de l’exécutif de cette organisation qui fonctionne comme un Etat, que faites-vous au quotidien ?

En notre qualité de chef d’orchestre du gouvernement, nous coordonnons et supervisons toutes les activités de l’exécutif, en permanente connexion avec le Prince, et dans un excellent climat de collaboration avec les ministres. Nous sommes constamment au cœur de la réflexion sur tous les aspects du développement de notre principauté, et donc des rencontres fréquentes et inopinées avec Son Altesse Max Carmel 1er auxquelles s’associe régulièrement le ministre d’Etat Eli Goka, secrétaire à l’intérieur  et à l’équipement.  Au-delà, nous sommes le principal administrateur du site internet de la principauté, et mettons notre compétence de journaliste au service du bureau de presse en termes de rédaction et de correction d’articles, ainsi que leur mise en ligne.  

Quels sont les grands projets de La Principauté des Baobabs ?

 Ici, David Cudjoe et son gouvernement sensibilise sur le glaucome, au sud-est du Togo

Nous citerons pour commencer, la lutte contre le glaucome terrible maladie des yeux qui tout en silence, ôte la vie à plusieurs milliers de personnes dans l’Etat voisin qu’est le Togo. Nous en faisons un combat permanent de tous les instants non seulement au Togo, mais aussi dans les pays d’Afrique où résident nos citoyens. Nous venons d’ailleurs de lancer la campagne de sensibilisation et de dépistage le 29 août 2024 dans la ville d’Aného au sud-ouest du Togo. Et nous pouvons nous réjouir du patronage de madame Sandra Johnson  ministre secrétaire générale de la Présidence du pays frère le Togo et de l’accompagnement de la Lonato. L’autre grand projet en vue est la participation de notre principauté à la COP 29 qui se tient du 11 au 22 novembre 2024 à Baku en Azerbaïdjan. Ce rendez-vous est capital pour nous, parce qu’il apparaît comme une belle vitrine pour nous faire remarquer par les Nations légalement établies, et faire entendre notre voix sur les questions liées au climat et à l’environnement.

Avez-vous des relations avec d’autres pays ou micronations ?

C’est bien vrai que nous en savons assez sur les micronations dans le monde, de la République du Saugeais en France à celle de Molossia là où on s’autoproclame dictateur, dans l’Etat de Nevada aux USA, ou encore Nova Troie en France avec ses  quatre provinces au Canada, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Nigéria ; il en existe pas moins de 400 dans le monde. Mais la priorité pour nous à l’heure où la Principauté des Baobabs est encore en pleine gestation, c’est d’abord de travailler au développement du projet et à son implantation ainsi qu’à sa visibilité, avant de chercher à conclure des relations inter-micronationales. Mais surtout, dans un avenir très proche, la Principauté des Baobabs va intégrer les deux grandes organisations des cryptarchies, l’Organisation Mondiale des Micronations (OMM), et l’Organisation de la Microfrancophonie (OMF).

Propos recueillis par www.laprincipautedesbaobabs.com

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